
Apple est engagé dans des batailles juridiques tant au Royaume-Uni qu’aux États-Unis concernant des brevets 4G utilisés dans ses appareils mobiles. La société a demandé l’autorisation de faire appel d’un verdict britannique qui lui coûterait 12 cents supplémentaires par iPhone.
Bien que cela puisse sembler insignifiant, Apple affirme qu’il s’agit d’un enjeu bien plus vaste, non seulement pour son propre business, mais également pour les entreprises de toutes tailles.
Les enjeux des brevets essentiels
Pour fabriquer un appareil mobile, il est impératif de détenir des licences pour une multitude de brevets. Ces brevets sont appelés brevets essentiels (c’est-à-dire que vous ne pouvez pas créer un appareil mobile sans eux). Les entreprises qui développent ces brevets essentiels (SEPs) participent également à l’établissement des normes qui les requièrent. Les consommateurs étant les vrais payeurs, il est entendu que les conditions de licence devraient être inférieures à celles qui pourraient être exigées pour des brevets plus généralistes.
Ainsi, les SEPs doivent être licenciés selon ce que l’on appelle des termes FRAND : Justes, Raisonnables et Non-Discriminatoires.
La bataille des 12 cents
Apple est impliqué depuis longtemps dans un conflit avec Optis Wireless Technology, une société détenue par un fonds spéculatif basé à New York. Bien qu’Optis ne détienne qu’un nombre limité de SEPs 4G, elle exige des sommes considérables pour l’octroi de licences.
Aux États-Unis, un tribunal a d’abord accordé à Optis 506 millions de dollars de dommages et intérêts. Ce montant a ensuite été réduit à 300 millions, un chiffre que les deux entreprises ont contesté. Le juge a décidé qu’un nouveau procès sur les dommages et intérêts devait être organisé pour examiner la question de manière approfondie.
Dans une affaire distincte au Royaume-Uni, un jugement rendu en 2022 a fixé le taux FRAND pour les brevets détenus par Optis à 2 cents par iPhone. Un appel devant la Cour suprême a vu ce montant augmenter à 14 cents.
Ce qui préoccupe Apple n’est pas tant la différence de 12 cents, mais le précédent mondial que cela pourrait établir. Le modem cellulaire d’un iPhone coûte environ 20 dollars à Apple. Si l’on appliquait cette augmentation des droits aux autres SEPs requis pour ce modem, la société pourrait finir par débourser près de 40 dollars en licences de brevets, contre 5 à 6 dollars actuellement.
Plus inquiétant encore pour Apple est que la Cour suprême du Royaume-Uni a déclaré avoir le pouvoir de fixer des tarifs applicables à l’échelle mondiale, et non simplement au Royaume-Uni. Apple a ainsi demandé à faire appel, tandis qu’Optis devrait répondre dans le mois prochain. Une décision pourrait ne pas être rendue avant l’année prochaine.
Un risque pour toutes les entreprises
Apple affirme défendre cette cause non seulement pour elle-même, mais aussi pour les entreprises de toutes tailles. Par exemple, une société de location de vélos qui dote sa flotte de modems 4G pourrait être poursuivie par Optis, et elle ne disposerait pas des ressources juridiques nécessaires pour se défendre.
Conclusion
Quoi qu’il en soit, il est indéniable que les trolls de brevets représentent un véritable fléau dans l’industrie technologique. Le fait qu’une entreprise avec le poids juridique d’Apple s’attaque à l’un des plus grands contrevenants est déjà une bonne nouvelle pour le secteur.








