
Le bras de fer autour du Digital Markets Act (DMA) prend une nouvelle dimension. Selon Reuters, 25 élus républicains ont écrit à Donald Trump pour l’exhorter à agir contre l’Union européenne, en jugeant que ses règles numériques frappent injustement les grandes entreprises technologiques américaines, dont Apple.
La lettre, consultée par Reuters, a été signée notamment par sept membres de la sous-commission du commerce de la Chambre des représentants. Les parlementaires qualifient le DMA d’ensemble de mesures « anticoncurrentielles » et accusent Bruxelles d’imposer une pression réglementaire et économique aux groupes américains.
Apple explicitement citée avec Amazon et Meta
Le courrier mentionne directement la désignation d’Apple comme « gatekeeper » au titre du DMA, aux côtés d’Amazon et de Meta. Les élus critiquent aussi l’idée d’un possible élargissement du cadre aux activités cloud d’Amazon et de Microsoft, qui pourrait selon eux créer des obligations particulièrement lourdes pour ces entreprises.
D’après Reuters, les signataires estiment aussi qu’il existe un déséquilibre plus large entre les deux rives de l’Atlantique. Ils soulignent que des groupes européens auraient accès au marché américain avec moins de contraintes, tandis que les sociétés américaines feraient face à une surveillance plus forte dans l’Union européenne.
La lettre pointe également l’absence de Temu et d’AliExpress dans ce dispositif, alors que le DMA repose notamment sur le nombre d’utilisateurs européens. Les élus y voient un traitement inégal dans l’application du cadre réglementaire.
La menace d’enquêtes commerciales remise sur la table
Les parlementaires demandent à Washington d’utiliser « tous les outils disponibles », y compris la Section 301 du Trade Act de 1974. Cette procédure permet aux États-Unis d’enquêter sur des pratiques commerciales jugées déloyales et peut déboucher sur des droits de douane.
Reuters rappelle que Donald Trump avait déjà agité cette possibilité en septembre 2025, en accusant l’Europe de cibler injustement des entreprises américaines comme Apple. À ce stade, il s’agit d’une demande politique, pas d’une mesure annoncée par l’administration.
Côté européen, Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a déclaré que l’UE a le droit souverain de réguler les activités économiques menées sur son territoire. Il a aussi affirmé que les règles numériques européennes sont appliquées de manière « juste et non discriminatoire ».
Ce que ça change
Pour Apple, cette offensive politique ne change pas immédiatement les obligations déjà en place en Europe. Le groupe a déjà dû adapter l’App Store sur le continent, notamment en ouvrant la voie aux boutiques d’applications tierces, tandis que l’UE a jugé qu’Apple Maps et Apple Ads n’étaient pas assez importants pour relever du DMA.
Pour les utilisateurs, le point clé reste simple : les changements concrets sur iPhone et dans l’App Store continuent de dépendre d’abord des décisions de Bruxelles. En revanche, le sujet dépasse de plus en plus la seule régulation tech et pourrait devenir un nouvel axe de tension commerciale entre les États-Unis et l’Union européenne.
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Source : Reuters








