
Apple conserve des moteurs solides, mais deux piliers de sa rentabilité font désormais l’objet d’une attention accrue. Dans sa dernière note, l’analyste Erik Woodring de Morgan Stanley abaisse son objectif de cours de 364 à 360 dollars, tout en maintenant sa recommandation « Overweight » sur l’action.
Cette légère révision reflète surtout une vision plus prudente sur les Services et la marge brute. L’iPhone reste, à l’inverse, le principal point d’appui des projections de la banque.
L’iPhone et le Mac soutiennent toujours les résultats
Apple a réalisé 109,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur son troisième trimestre fiscal, soit une hausse de 16 % sur un an. Les ventes d’iPhone ont atteint 54,3 milliards de dollars, un record pour un trimestre de juin, tandis que le Mac a progressé de 29 %.
Erik Woodring relève aussi les records annoncés par Apple pour sa base installée active et pour le nombre de clients ayant changé d’appareil. Ces indicateurs pourraient traduire des cycles de renouvellement plus courts, ce qui serait favorable aux ventes de matériel. Morgan Stanley estime toutefois que les contraintes sur les puces avancées gravées en 3 nm et des stocks limités dans la distribution pourraient brider le potentiel à très court terme.
Les Services ralentissent davantage qu’attendu
Les Services ont généré 30,7 milliards de dollars, en progression de 12 % sur un an. C’est une performance importante en valeur, mais inférieure aux 14,6 % de croissance attendus par le consensus suivi par Morgan Stanley. Pour le trimestre de septembre, la banque anticipe environ 9,5 % de hausse : ce serait le premier rythme inférieur à 10 % depuis le trimestre de juin 2023.
Selon l’analyste, les devises expliqueraient largement ce tassement, auquel s’ajouteraient des performances moins dynamiques de l’App Store. Apple a notamment évoqué une activité plus faible dans le jeu mobile, un calendrier de lancements irrégulier, des contentieux et des changements de modèles économiques dans certains pays.
La marge brute des Services est par ailleurs passée de 76,7 % au trimestre de mars à 75,6 % au trimestre de juin. Pour Morgan Stanley, cette évolution suggère que l’App Store ne surperforme plus autant le reste des activités de Services.
Des coûts mémoire qui pèsent sur la marge
Apple prévoit une marge brute comprise entre 47 % et 48 % pour le trimestre de septembre. Morgan Stanley estime que des remboursements liés aux droits de douane représenteraient environ un point : hors cet effet, le niveau médian se situerait près de 46,5 %, soit environ 1,5 point sous celui du trimestre de juin.
La direction d’Apple a indiqué que la hausse du coût de la mémoire expliquait à elle seule plus que l’intégralité du recul séquentiel anticipé. Les économies réalisées sur d’autres composants et un mix produit plus favorable ne compenseraient donc pas cette inflation.
Ce que ça change
La note ne remet pas en cause la dynamique actuelle de l’iPhone, mais elle déplace l’attention vers la capacité d’Apple à relancer la croissance des Services et à protéger ses marges. Morgan Stanley abaisse ainsi son estimation de bénéfice par action pour l’exercice fiscal 2027, de 10,39 à 10 dollars.
Pour les utilisateurs comme pour les investisseurs, les prochains résultats permettront surtout d’évaluer l’impact durable des coûts de composants et l’évolution de l’App Store. Morgan Stanley ne constate pas encore d’effet mesurable de l’IA sur la demande de produits Apple ou sur les revenus des Services.
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Source : Erik Woodring (Morgan Stanley) — note d’analyste








