Steve Jobs et Jony Ive en portrait noir et blanc

Le nom de Jony Ive manque dans la plainte d’Apple contre OpenAI, io Products et Tang Tan. Ce n’est visiblement pas un oubli. D’après Mark Gurman pour Bloomberg, Apple aurait délibérément évité de viser directement son ancien patron du design, une figure trop particulière dans l’histoire récente de l’entreprise pour être traitée comme un ex-cadre parmi d’autres.

Jony Ive a longtemps incarné, avec Steve Jobs, l’une des associations les plus marquantes du renouveau d’Apple. Selon Bloomberg, son éloignement progressif après la mort de Jobs aurait aussi reflété une déception face à l’évolution de l’entreprise sous Tim Cook, avec un centre de gravité déplacé vers l’exécution, les coûts et l’efficacité industrielle. Ive a quitté Apple en 2019 pour fonder LoveFrom, tout en restant officiellement lié au groupe jusqu’en 2022.

Un choix juridique, mais aussi politique

Pour Apple, inclure Jony Ive dans la procédure aurait changé la nature du dossier. Toujours selon Mark Gurman, l’affaire ne se limiterait plus à une bataille autour d’anciens salariés et de secrets industriels : elle prendrait une dimension beaucoup plus personnelle, en touchant l’un des symboles les plus forts de l’ère Jobs.

Le contexte autour de Laurene Powell Jobs jouerait aussi. Bloomberg rapporte qu’elle a aidé à lancer io Products et qu’elle entretiendrait une relation très proche avec Jony Ive. Sans siéger au conseil d’administration d’Apple ni faire partie de ses principaux actionnaires, elle continue de représenter publiquement un lien avec l’héritage de Steve Jobs. Sa présence au premier rang de la dernière WWDC, aux côtés de Tim Cook et John Ternus, l’a encore illustré.

Tang Tan, la cible la plus utile pour Apple

D’après Bloomberg, Apple aurait en pratique peu à gagner à attaquer Jony Ive sur le terrain des informations sensibles. L’ancien designer serait surtout concentré sur le design, là où Tang Tan apparaîtrait comme le personnage le plus exposé sur les questions opérationnelles et stratégiques.

Mark Gurman ajoute qu’environ 400 employés d’Apple auraient rejoint OpenAI au fil du temps avec Jony Ive. Malgré cela, Apple considérerait Tang Tan comme la pièce centrale du dossier. La logique serait donc simple : OpenAI comme adversaire principal, io Products comme structure concernée, et Tang Tan comme ancien dirigeant le plus pertinent à viser juridiquement.

Ce que ça change

Cette affaire montre qu’Apple ne gère pas seulement un contentieux sur le plan légal. Le groupe cherche aussi à éviter une confrontation frontale avec une personnalité qui reste liée à son image et à l’héritage de Steve Jobs.

Pour les utilisateurs, cela ne change rien à court terme sur les produits. En revanche, il faudra surveiller la façon dont Apple encadre ses départs de talents et ses relations avec OpenAI, car c’est là que se jouera l’impact réel de ce dossier.

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Source : Mark Gurman (Bloomberg)

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