
L’affaire française autour de l’App Tracking Transparency (ATT) ne s’arrête pas à l’amende de 150 millions d’euros infligée à Apple. Dans le sillage de la décision rendue le 28 mars 2025 par l’Autorité de la concurrence, Le Figaro, L’Équipe et la société Adikteev ont engagé des procédures en réparation contre le groupe, avec des demandes qui dépassent ensemble 130 millions d’euros.
Le mécanisme ATT, déployé avec iOS 14.5, impose aux apps de demander l’accord de l’utilisateur avant tout suivi à des fins de publicité personnalisée. Dans sa décision du 28 mars 2025, l’Autorité de la concurrence a estimé que ce dispositif constituait un abus de position dominante et une pratique anticoncurrentielle dans le secteur de la publicité, tout en sanctionnant Apple à hauteur de 150 millions d’euros.
Des demandes chiffrées très élevées
Les montants réclamés sont déjà précis. Le Figaro évalue son préjudice à 19,5 millions d’euros. L’Équipe chiffre sa demande à un peu plus de 47 millions d’euros. Adikteev, dont l’activité dépend directement du ciblage publicitaire, réclame de son côté 65 millions d’euros.
Leur argument est dans la continuité des griefs déjà retenus par l’Autorité de la concurrence : selon eux, ATT aurait lourdement compliqué le suivi des utilisateurs et la mesure de performance des campagnes publicitaires, avec un impact direct sur leurs revenus ou leur activité. Marc Feuillée, directeur général du groupe Le Figaro, a déclaré qu’« il est impossible de discuter avec [Apple] » et que son groupe demande donc réparation de son préjudice.
Apple continue de contester la décision
Apple a fait appel de l’amende prononcée en France et continue de nier toute infraction. Après sa condamnation, le groupe défendait toujours ATT comme un outil donnant davantage de contrôle aux utilisateurs sur leurs données personnelles. Apple mettait aussi en avant le soutien d’une partie de ses clients, de défenseurs de la vie privée et d’autorités de protection des données.
La société n’a pas commenté spécifiquement ces trois nouvelles actions, mais sa ligne reste la même : selon Apple, la décision française contredit des positions antérieures reconnaissant l’inscription d’ATT dans son engagement en faveur de la vie privée. Malgré son recours, l’entreprise a néanmoins dû publier temporairement sur son site une publication judiciaire mentionnant la décision de l’Autorité.
Ce que ça change
Pour Apple, le risque en France ne se limite plus à une sanction administrative : il s’étend désormais au terrain civil, avec des demandes d’indemnisation potentiellement lourdes. Pour les utilisateurs, ATT ne change pas à court terme sur iPhone, mais ce dossier montre que les outils de confidentialité d’Apple peuvent aussi avoir de vraies conséquences économiques pour tout l’écosystème publicitaire.
Le point à suivre est maintenant le calendrier judiciaire. Entre l’appel d’Apple contre l’amende de 150 millions d’euros et ces nouvelles procédures en réparation, le dossier ATT en France peut rester ouvert encore longtemps.
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Source : Autorité de la concurrence — décision du 28 mars 2025 sur l’App Tracking Transparency (Apple)







