Employés Apple discutant dans un bureau

Le différend entre Apple et OpenAI ne se limite plus au recrutement de talents. D’après Bloomberg, qui s’appuie sur une plainte déposée par Apple, le groupe californien accuse OpenAI et plusieurs anciens salariés d’avoir emporté des informations confidentielles liées à ses produits, à ses prototypes et à ses méthodes internes.

Apple affirme notamment que certains ex-employés ont conservé un accès à ses systèmes après leur départ. Bloomberg rapporte qu’un ancien salarié, Chang Liu, aurait écrit à une ex-collègue qu’il avait trouvé un moyen d’accéder à un serveur de stockage d’Apple plusieurs semaines après avoir quitté l’entreprise. Cet accès aurait permis de récupérer des présentations, des dessins de prototypes, des éléments de production et des procédures de test.

Des transferts de données avant des départs vers OpenAI

Selon les éléments cités par Bloomberg, Alyssa Peng travaillait encore chez Apple au moment des faits et n’aurait pas signalé la situation. Apple soutient au contraire qu’elle aurait facilité le transfert d’autres documents via son ordinateur professionnel, avant de rejoindre elle aussi OpenAI quelques mois plus tard.

La plainte va plus loin. Apple accuse Tang Tan, ancien cadre très important de l’entreprise, d’avoir piloté le recrutement de plusieurs profils clés pour OpenAI tout en leur demandant de récupérer des informations sensibles juste avant leur départ. D’après Bloomberg, Apple évoque aussi une liste détaillant, pour certains employés ciblés, la meilleure manière d’éviter d’attirer l’attention des équipes de sécurité internes.

Cupertino affirme également que certains candidats auraient été invités à venir à des entretiens avec des prototypes de batteries, de cartes mères ou d’autres composants. Plusieurs personnes entendues dans ce cadre auraient jugé la demande étonnante, estimant que ce type de matériel n’était pas censé sortir d’Apple Park, rapporte Bloomberg.

Plus de 400 départs vers OpenAI, selon Bloomberg

Bloomberg indique que plus de 400 employés d’Apple auraient rejoint OpenAI. Pour les attirer, l’entreprise aurait mis en avant des rémunérations plus élevées, davantage de stock-options et la promesse de travailler sur une nouvelle génération d’appareils susceptible de remplacer un jour l’iPhone.

Tang Tan occupait une place stratégique chez Apple avant son départ. Après 25 ans dans l’entreprise, il avait dirigé des équipes sur les Mac portables et les iPod, puis pris la tête de l’équipe iPhone en 2011, avant de superviser aussi l’Apple Watch. Apple dit avoir tenté d’ouvrir une discussion avec OpenAI dès février au sujet d’un possible vol de données, sans réponse, ce qui l’a finalement conduite à saisir la justice.

Ce que ça change

Pour Apple, l’enjeu dépasse clairement quelques départs de salariés : il s’agit de protéger ses prototypes, ses processus de validation et son savoir-faire matériel. Si ces accusations sont confirmées, on peut s’attendre à un renforcement des contrôles internes autour des équipes les plus sensibles.

Pour les utilisateurs, l’effet immédiat sera surtout indirect, mais cette affaire peut peser sur les relations entre deux acteurs qui restaient proches sur certains sujets liés à l’IA. Elle montre aussi à quel point la bataille pour le matériel de nouvelle génération devient agressive.

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Source : Mark Gurman (Bloomberg)

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