Voiture électrique et fumée industrielle avec drapeau hongrois

La Hongrie, devenue en quelques années un maillon important de la chaîne européenne des batteries, hausse le ton. Reuters rapporte que le ministre de l’Environnement László Gajdos a averti que les usines ne respectant pas les règles environnementales pourraient être fermées, dans un contexte de tensions croissantes autour de plusieurs sites industriels.

Le pays ne remet pas en cause sa stratégie d’accueil des fabricants liés à la voiture électrique, mais le message change nettement : l’activité industrielle ne pourra plus avancer au détriment des normes environnementales. Selon Reuters, le ministre a estimé que l’équilibre entre développement industriel et protection de l’environnement s’était inversé au profit de l’industrie au cours des 16 dernières années.

Un virage après des années d’expansion rapide

D’après les chiffres du gouvernement cités par Reuters, la Hongrie a attiré environ 26 milliards d’euros d’investissements étrangers dans ce secteur depuis 2021. Le pays a notamment séduit des groupes sud-coréens et chinois, en s’imposant comme base de production européenne pour les batteries et leurs composants.

Mais cette montée en puissance s’est accompagnée de critiques récurrentes sur la pollution et le contrôle des sites. Reuters indique que le gouvernement veut désormais relever les amendes pour pollution à des niveaux présentés comme parmi les plus stricts d’Europe. Une nouvelle autorité environnementale doit aussi être créée d’ici septembre pour superviser les contrôles et, si nécessaire, sanctionner les industriels.

Le ministre a également prévenu, selon Reuters, que les entreprises qui enfreignent durablement la réglementation n’ont pas leur place dans le pays.

Voiture électrique et fumées d’usine sur fond de batteries

Semcorp, Samsung SDI et BYD dans le viseur

Le durcissement intervient après plusieurs dossiers sensibles. Fin juin, le maire de Debrecen, László Papp, a demandé au groupe chinois Semcorp de quitter la ville après des constats récents de pollution. Reuters précise que l’autorisation de production de l’entreprise a été suspendue par l’administration régionale après la détection d’une pollution à l’aluminium dans des échantillons d’eau prélevés dans des puits autour de l’usine.

Samsung SDI a aussi été sanctionné par le passé. Reuters rappelle que l’entreprise a reçu plusieurs amendes entre 2022 et 2023 pour dépassement des limites d’émissions sur son site. Le groupe ferait encore l’objet d’une enquête ouverte en 2024 pour dommages environnementaux, ainsi que d’une procédure engagée cette année sur sa gestion des déchets.

BYD fait également partie des industriels surveillés. Reuters indique que le constructeur chinois aurait enfreint des normes environnementales dans sa première usine européenne construite en Hongrie.

Ce que ça change

Pour Apple, l’enjeu est indirect mais réel : toute tension réglementaire dans la filière européenne des batteries peut peser sur les coûts, les délais et l’organisation industrielle des fournisseurs du secteur tech et auto. Même si Apple n’est pas cité ici, la chaîne d’approvisionnement des composants liés à l’électrification et au stockage d’énergie devient plus exposée aux contraintes locales.

Pour les utilisateurs, cela ne signifie pas un effet immédiat sur les produits Apple. En revanche, ce dossier montre que l’Europe pourrait exiger une production plus propre, avec un impact possible à terme sur les prix, les capacités industrielles et la traçabilité environnementale.

Usine Samsung SDI de batteries en Hongrie

Un signal envoyé à toute l’industrie européenne

La Hongrie reste un hub stratégique pour les batteries, mais elle cherche désormais à montrer que son attractivité industrielle aura des limites. Si les annonces se traduisent par des contrôles renforcés et des sanctions effectives, cela pourrait rebattre l’équilibre entre compétitivité et exigences environnementales dans l’un des centres névralgiques européens du secteur.

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Source : Reuters

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