Les gouvernements autoritaires sont peu friands de voir leurs citoyens échanger des conversations privées via des applications de messagerie cryptées de bout en bout. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Russie a récemment bloqué FaceTime, mais il est étonnant qu’iMessage ait échappé à une interdiction similaire.

Pourquoi iMessage reste accessible en Russie

La semaine dernière, la Russie a interdit l’utilisation de FaceTime en invoquant des raisons liées au terrorisme. Selon l’agence régulatrice des communications, Roskomnadzor, FaceTime serait utilisé pour organiser des attaques terroristes, recruter des auteurs et commettre d’autres crimes. Toutefois, des éléments de preuve n’ont pas été fournis à l’appui de ces allégations.

FaceTime utilise un chiffrement de bout en bout (E2EE), empêchant ainsi toute interception par l’État. Cependant, la question demeure : pourquoi la Russie n’a-t-elle pas agi de la même manière avec iMessage, qui bénéficie également d’une protection similaire ? Une des hypothèses avancées est que l’utilisation d’iMessage dans le pays est très faible, la majorité des utilisateurs préférant d’autres applications de messagerie. Cependant, une autre explication a récemment vu le jour.

Bloquer iMessage signifie bloquer toutes les notifications

Lorsqu’un commentateur a soulevé la question, un utilisateur a suggéré que le trafic d’iMessage est fusionné avec le service de notifications accessibles depuis les appareils iOS. En effet, si iMessage était bloqué, toutes les notifications à distance pour iPhone cesseraient également de fonctionner.

Il a été avancé que cette décision pourrait s’inscrire dans une stratégie délibérée d’Apple visant à garantir que ce sont les opérateurs de télécommunications, et non les gouvernements répressifs, qui ne puissent pas bloquer iMessage. En effet, ces opérateurs auraient pu être tentés de bloquer ce service, réduisant ainsi la demande pour les SMS, qui attiraient des frais par message.

Une décision qui pourrait s’expliquer

Bien que FaceTime utilise également le service de notification d’Apple, la logique derrière cette situation n’est pas totalement claire. Il existe d’autres moyens pour un gouvernement de bloquer iMessage, comme interdire l’accès aux Identity Services, mais cela pourrait s’avérer plus complexe à mettre en œuvre à l’échelle nationale.

Quoi qu’il en soit, cette théorie paraît plausible. Si elle s’avère exacte, elle expliquerait un choix surprenant dans le contexte actuel de la répression des communications privées.

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