
La position d’Apple en faveur du chiffrement de bout en bout est si marquée qu’elle a choisi de retirer une fonctionnalité clé de confidentialité du marché britannique plutôt que de compromettre sa sécurité à l’échelle mondiale. Cette décision intervient alors que des pressions font également face à la société, notamment en raison de la loi sur les services numériques (DSA) de l’UE.
Dans un retournement surprenant, la Maison Blanche a pris position en faveur du chiffrement fort, et la Federal Trade Commission (FTC) exhorte désormais Apple et d’autres géants de la technologie à maintenir leur position sur cette question.
Le changement de discours des États-Unis sur le chiffrement fort
Il est surprenant de voir ce revirement, étant donné que moins d’un an auparavant, Apple était engagé dans une longue bataille contre le FBI concernant la sécurité des iPhones. Rappelons que Donald Trump avait alors exprimé son opposition à Apple, affirmant que le FBI devait pouvoir forcer la société à déverrouiller les iPhones des suspects.
Cette demande était à l’opposé de la position actuelle du gouvernement américain, qui semble rejeter les portes dérobées dans iCloud. Trump avait même menacé d’annuler un accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni si ce dernier ne reculait pas sur ses exigences, ce qu’il a finalement fait.
La FTC soutient maintenant Apple
Face aux défis au Royaume-Uni, Apple devait également répondre à des pressions relatives au chiffrement fort en Europe. La DSA exige des géants de la technologie qu’ils prennent des mesures pour prévenir le stockage et la transmission de contenus à caractère pédopornographique (CSAM), une interprétation de cette loi pouvant suggérer qu’il faudrait un accès facilité aux systèmes de chiffrement de bout en bout.
D’après des rapports, l’autorité antitrust des États-Unis a interpellé Apple et d’autres sur leurs stratégies pour gérer ces exigences réglementaires internationales potentiellement incorrectes imposées par la DSA. La FTC a exprimé de vives inquiétudes dans une lettre envoyée à ces entreprises, en affirmant que l’application de la DSA ne peut se faire si elle compromet la liberté d’expression et la sécurité des citoyens américains.
Cette lettre souligne que les entreprises qui promettent une sécurité de leur service sans offrir un chiffrement de bout en bout adéquat pourraient induire en erreur les consommateurs.
Le président de la FTC, Andrew Ferguson, a affirmé qu’il n’hésiterait pas à faire appliquer la loi à ce sujet.
Ce retournement est à la fois comique et encourageant pour la protection de la vie privée, car il sera désormais difficile pour l’administration actuelle de faire marche arrière sans conséquences embarrassantes.








