Apple étudierait une nouvelle approche pour rattraper ses besoins en intelligence artificielle. D’après The Information, le groupe serait prêt à mener des acquisitions à plusieurs milliards de dollars, en particulier pour renforcer son savoir-faire sur les puces IA destinées aux serveurs.

Ce positionnement marquerait une rupture avec la méthode habituelle d’Apple, davantage connue pour ses rachats ciblés de petite taille. Le signal le plus concret avancé par The Information concerne Q.Ai, une société israélienne spécialisée dans l’apprentissage automatique et dans l’interprétation de la parole à partir des micro-mouvements du visage, qu’Apple aurait accepté de racheter en janvier 2026 pour 2 milliards de dollars.

Un changement d’échelle dans les acquisitions

Si cette opération se confirme, elle deviendrait la deuxième plus importante acquisition de l’histoire d’Apple, derrière Beats, acheté 3 milliards de dollars en 2014. À elle seule, cette taille donnerait une idée du virage en cours : Apple ne chercherait plus seulement de petites équipes ou des technologies à intégrer progressivement, mais des compétences capables d’accélérer plus vite ses ambitions IA.

Selon The Information, les besoins d’Apple se situeraient à deux niveaux distincts : l’IA embarquée sur ses appareils, utile notamment pour Siri, et l’IA exécutée sur des serveurs. Or, ces puces serveur ne relèvent pas du même savoir-faire que les composants conçus pour l’iPhone, l’iPad ou le Mac, où Apple a déjà une forte expérience.

Des précédents dans les puces, mais une logique différente

Apple a déjà montré qu’un rachat bien ciblé pouvait transformer durablement sa feuille de route matérielle. En 2008, la société avait acquis PA Semi pour 278 millions de dollars, une opération qui a ensuite joué un rôle important dans l’essor des puces A-series puis dans la transition vers Apple Silicon.

La différence, cette fois, serait l’ampleur financière et le domaine visé. Toujours d’après The Information, Apple n’aurait pas multiplié depuis ce type de grosses acquisitions dans les semi-conducteurs, ce qui rendrait cette orientation notable si elle se concrétise.

Pourquoi Apple pourrait bouger maintenant

The Information relève aussi un contexte financier plus favorable à de grandes opérations. Lors des résultats du deuxième trimestre, le directeur financier Kevan Parekh a indiqué qu’Apple s’éloignait de sa politique de long terme consistant à rester globalement neutre en trésorerie nette, c’est-à-dire à équilibrer dette et liquidités.

Le média lie aussi cette possible inflexion à l’évolution de l’organisation interne, avec John Ternus présenté comme très orienté matériel, et une montée en puissance de Johny Srouji sur l’ingénierie hardware. Dans ce cadre, Apple pourrait être davantage disposée à acheter du savoir-faire dans les puces IA pour serveurs.

Ce que ça change

Pour les utilisateurs, l’enjeu n’est pas le montant d’un rachat, mais la capacité d’Apple à accélérer sur Siri et Apple Intelligence. Si le groupe renforce vraiment sa maîtrise des puces IA côté serveurs, cela pourrait améliorer l’exécution des fonctions qui ne tournent pas uniquement sur l’appareil.

Pour Apple, le vrai point à surveiller sera la cohérence entre ces acquisitions potentielles et ses futurs produits IA. Le précédent PA Semi montre qu’un rachat peut redessiner une stratégie matérielle sur plusieurs années, mais il faudra voir si cette logique peut s’appliquer aussi efficacement aux besoins de l’IA générative.

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Source : The Information

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