
Les controverses autour de l’App Store font rage, mais pouvons-nous tous nous accorder sur un point ? Apple se bat depuis des années contre des accusations d’antitrust à travers le monde, principalement concernant l’App Store, et beaucoup considèrent que son contrôle de la vente d’applications pour iPhone est monopolistique.
Un rapide aperçu du problème de monopole
Avant que certains n’aient le temps de s’écarter du sujet, abordons brièvement la question du monopole.
Les régulateurs affirment qu’Apple a un monopole sur les applications iPhone. Avant d’être contraint d’autoriser d’autres boutiques d’applications dans l’UE, les développeurs n’avaient pas d’autre option que de passer par l’App Store pour vendre leurs applications. Apple réfute cette idée, soutenant que le marché des applications mobiles dans son ensemble doit être pris en compte.
Cependant, la législation antitrust ne traite pas uniquement de monopolies, mais aussi de comportements anticoncurrentiels de la part d’un acteur dominant sur le marché. Qu’on croie ou non qu’Apple détienne un monopole, cela n’a finalement que peu d’importance.
Des comportements déraisonnables des deux côtés
Cette problématique n’est pas simple et ne se résume pas à un choix binaire. Apple a largement investi dans le développement de l’App Store et d’outils comme Xcode, justifiant ainsi ses commissions. De leur côté, le DOJ américain et l’UE affirment que la loi impose des limites aux avantages issus de la domination d’une entreprise sur le marché, et qu’Apple n’est pas à l’abri de ces règles.
Cependant, des comportements déraisonnables se sont manifestés des deux côtés. Dans l’affaire Epic Games, Apple a agi de manière manifestement imprudente en contournant la décision d’un juge, ce qui lui a valu des réprimandes. Mais l’UE n’est pas exempte de reproches non plus, ayant parfois imposé des restrictions sans fournir de directives claires sur ce que l’entreprise pouvait faire.
Pouvons-nous tous nous accorder sur ce point ?
Voici un point sur lequel nous pourrions tous nous entendre : Apple devrait accepter des changements qui bénéficient aux consommateurs sans lui coûter un centime.
Quand il n’est pas économiquement viable pour une entreprise d’accepter une commission de 30 % sur les ventes de contenu et d’abonnements, comme c’est le cas pour des plateformes telles qu’Amazon et Spotify, cela nuît à l’expérience des utilisateurs. Prenons l’exemple de l’application Kindle, où les utilisateurs ne peuvent pas acheter d’ebooks directement. Cela entraîne une expérience d’achat compliquée et moins satisfaisante pour les utilisateurs d’iPhone.
De même, Spotify doit gérer des abonnements de manière détournée pour éviter la commission d’Apple, rendant la souscription inutilement complexe pour les utilisateurs. La décision récente d’Apple d’autoriser des liens externes est un pas dans la bonne direction, mais la transformation reste insuffisante, puisque le processus d’achat redirige les utilisateurs vers un navigateur, ce qui n’est pas idéal.
Où est le mal ?
Avant ces changements, les utilisateurs avaient une expérience médiocre et Apple ne gagnait rien. Maintenant, bien que les utilisateurs aient une meilleure expérience pour une durée indéterminée, cela reste loin d’être optimal, et Apple ne génère toujours aucun revenu.
Cependant, pour une marge étroite, pourquoi ne pas donner la priorité aux utilisateurs d’iPhone et permettre des achats in-app sans commissions ? Cela ne coûterait rien à Apple.
Pouvons-nous tous nous accorder sur l’idée qu’Apple devrait mettre les consommateurs en premier, sans que cela ne lui coûte un centime ?








