Près de deux mois après l’annonce du plan tarifaire controversé de Donald Trump, le marché boursier a pour l’essentiel tourné la page. Les plus grandes sociétés de technologie ont connu un rebond, soutenu par l’engouement autour de l’intelligence artificielle, des résultats financiers solides et un sentiment croissant que la plupart de ce plan ne se concrétisera pas. Apple, cependant, est toujours en baisse.

Depuis l’annonce de Trump le 2 avril, les actions d’Amazon (+4,9 %), de Google (+7,8 %), de Meta (+9 %), de Microsoft (+19,2 %) et de Nvidia (+23,6 %) ont tous effacé leurs pertes post-annonce. Apple, en revanche, est encore en baisse de plus de 10 %.

La divergence observée est en partie la réponse directe de Wall Street face à l’exposition unique d’Apple dans cette situation complexe.

Le facteur Chine

Au départ, la plupart des grandes entreprises technologiques avaient connu une chute après l’annonce initiale des tarifs par Trump, ce qui était attendu. Toutes dépendent de la Chine d’une manière ou d’une autre. Cependant, tout le monde a trouvé un motif de rebond : l’intelligence artificielle, la solidité de l’offre cloud, et de nouveaux cycles de produits.

Apple, de son côté, continue de subir les conséquences de la guerre commerciale avec la Chine, devant prouver à ses investisseurs que la diversification vers l’Inde, le Vietnam et le Brésil pourrait réellement porter ses fruits. En plus de ces défis, la société doit désormais faire face au retournement d’affection de Trump envers Tim Cook.

Alors que les partisans de Trump utilisent l’iPhone assemblé aux États-Unis comme un enjeu politique, les actionnaires d’Apple, et pas seulement ceux qui détiennent des actions directement, se montrent compréhensiblement inquiets. D’importants fournisseurs, comme Luxshare et Goertek, ont également vu leurs actions chuter de près de 10 % ces dernières semaines.

Et l’IA dans tout ça ?

Une partie de l’écart boursier s’explique aussi par le récit autour de l’intelligence artificielle. Amazon, Google, Meta, Microsoft et Nvidia profitent de l’essor de l’IA et des récents événements axés sur cette technologie. Les investisseurs ont une vision claire de la manière dont ces entreprises pourraient bénéficier directement de l’IA, que ce soit par le biais de services cloud, de puces, de plateformes pour développeurs ou de nouveaux abonnements.

Pour Apple, tant que la société n’apportera pas la preuve qu’elle sait gérer cette transition, ni où elle se dirige, et surtout, comment l’IA pourrait générer des revenus, Wall Street continuera de considérer Apple comme un acteur secondaire dans le récit de l’IA. Sans cet élan, Apple se retrouve isolée dans une lutte difficile contre les gros titres économiques et les risques géopolitiques.

Bien sûr, tout cela pourrait changer dans les semaines à venir. La WWDC approche, et si les tribunaux mettent fin définitivement au plan de Trump, l’action d’Apple pourrait connaître un rebond. Pour le moment, Apple se trouve dans une position particulièrement inconfortable : sans récit d’IA, sans échappatoire claire de la Chine, et sans soutien de la Maison Blanche.

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