
Les avocats représentant Apple ont récemment déclaré que la société pourrait ne plus faire confiance à Meta, après que la plateforme de médias sociaux a divulgué des données internes partagées en toute confidentialité.
Curieusement, Meta n’a pas divulgué ces données intentionnellement, mais a utilisé une méthode de redaction de PDF bien connue pour être facilement contournable.
Le procès antitrust de Meta
Meta est poursuivie par la Federal Trade Commission (FTC) pour des violations présumées des lois antitrust. La société est accusée d’avoir essayé de créer un monopole illégal dans le secteur des réseaux sociaux en acquérant Instagram, un concurrent de Facebook, ainsi que l’application de messagerie WhatsApp.
Ceci représente un deuxième round dans une affaire qui a été initialement introduite en 2020. À l’époque, Meta avait réussi à faire rejeter le dossier, mais le juge a permis à la FTC de présenter des arguments plus détaillés sur la manière dont un monopole aurait été créé par ces acquisitions, ce qui a conduit à un nouveau procès.
Si Meta perd la bataille, elle pourrait être contrainte de vendre Instagram et WhatsApp.
Une confiance mise à l’épreuve
Dans le cadre de sa défense, Meta a affirmé que l’application Messages d’Apple était plus populaire que les messageries d’Instagram, Facebook Messenger et WhatsApp. La société a soutenu qu’il n’est pas possible de séparer les applications de messagerie de réseaux sociaux des applications plus générales comme iMessage, compte tenu de la manière dont les consommateurs les utilisent.
Pour soutenir son argument, Meta a présenté des diapositives redactées dans lesquelles le pourcentage d’utilisation réel était masqué. Cependant, The Verge a rapidement découvert que ces redactions avaient été réalisées à l’aide de rectangles noirs apposés simplement comme une couche dans le PDF, couche qui pouvait facilement être retirée pour révéler le contenu sous-jacent. Cette méthode de redaction défaillante est très connue.
Les avocats d’Apple ont été parmi ceux à commenter cette erreur « flagrante ». Leur représentant a même indiqué qu’Apple pourrait ne plus faire confiance à Meta avec ses informations internes à l’avenir.
Une divulagation sans intérêt
Les données révélées n’étaient pas particulièrement intéressantes, montrant seulement que 88 % des propriétaires d’iPhone aux États-Unis avaient utilisé l’application Messages au cours de la semaine précédente. Bien qu’Apple n’ait jamais divulgué ce pourcentage, il est probable que toute personne puisse supposer que l’utilisation est extrêmement élevée.
L’inefficacité totale de la redaction a même conduit certains à suggérer qu’elle était délibérée, mais pour ma part, je fais l’hypothèse que le principe de la Raison de Hanlon s’applique ici : « Ne jamais attribuer à la malice ce qui peut être expliqué par la stupidité. »








