
Le dossier dépasse largement un simple choix de fournisseur. D’après le Wall Street Journal, Apple a demandé en juin l’autorisation d’acheter des puces mémoire pour le Mac auprès de CXMT, un groupe chinois inscrit sur la Chinese Military Company Blacklist, aussi appelée « 1260H list ». En réponse, Micron a sollicité l’administration Trump pour qu’elle refuse cette requête.
Le quotidien américain précise que le directeur général de Micron, Sanjay Mehrotra, ainsi que d’autres responsables, ont rencontré le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et plusieurs membres de l’administration. Leur position est claire : permettre des achats auprès d’une société présente sur cette liste fragiliserait, selon eux, l’industrie technologique et manufacturière américaine.
Apple cherche une porte de sortie dans un marché sous tension
Selon le Wall Street Journal, Apple veut avant tout sécuriser des volumes de mémoire à des conditions plus supportables, alors que le secteur fait face à une capacité de production limitée et à une hausse des prix. Le groupe ne serait pas formellement empêché d’acheter à CXMT et aurait déjà utilisé ses composants dans des essais de faible ampleur.
Le problème vient surtout du cadre réglementaire. Le département de la Défense ne peut pas passer de contrats avec des entreprises figurant sur cette liste, ni utiliser des produits tiers qui embarquent leurs composants. En pratique, un usage plus large de mémoire CXMT pourrait donc compliquer certains débouchés pour Apple dans cet environnement.
Le risque pourrait encore monter d’un cran si CXMT était ajouté plus tard à l’Entity List. Dans ce scénario évoqué par le Wall Street Journal, Apple ne pourrait plus commercer avec ce fournisseur et devrait revoir rapidement sa chaîne d’approvisionnement.
Micron défend une réponse industrielle américaine
Face à cette option, Micron pousse une solution inverse : augmenter plus vite la production locale. Toujours selon le Wall Street Journal, l’entreprise a expliqué à la Maison-Blanche que les tensions sur le marché de la mémoire pourraient être atténuées par une accélération de nouvelles usines aux États-Unis. Le groupe met en avant un plan d’investissement de 250 milliards de dollars sur le territoire américain.
Apple aurait contesté la position de Micron en estimant que ses marges brutes, décrites à 80%, reflètent des prix trop élevés. La firme de Cupertino aurait aussi fait valoir que Micron n’investit pas assez vite pour détendre réellement l’offre, et qu’une part importante des futures capacités serait absorbée par la demande liée à l’IA.
Ce que ça change
Pour Apple, l’enjeu n’est pas seulement le prix de la RAM : c’est aussi la capacité à sécuriser les approvisionnements des Mac sans ouvrir un nouveau front réglementaire. Le choix de Washington opposerait donc une solution potentiellement rapide sur les coûts à un risque géopolitique plus marqué.
Côté utilisateurs, il n’y a pas d’effet produit immédiat annoncé. Mais ce type d’arbitrage peut peser, à terme, sur le coût des composants et sur la souplesse d’Apple pour gérer ses gammes de Mac dans un marché déjà sous pression.
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Source : Wall Street Journal







