Icône Gemini sur fond bleu dégradé

La Commission européenne a lancé une étape formelle contre Google dans le cadre du Digital Markets Act (DMA) en exigeant une meilleure interopérabilité pour les services d’IA concurrents de Gemini sur Android. D’après le communiqué de l’exécutif européen, Google devra offrir à des acteurs tiers le même niveau d’accès que celui dont bénéficie son propre assistant IA sur plusieurs fonctions du système et de l’appareil.

Bruxelles vise précisément 11 fonctionnalités d’Android auxquelles des services d’IA concurrents devront pouvoir accéder. La mise en conformité ne sera pas immédiate : la Commission prévoit un délai d’un an, avec l’essentiel des changements attendu d’ici au 1er août 2027.

Google sous pression sur l’ouverture d’Android

Le point notable, c’est le calendrier. Gemini est déjà intégré à Android, alors que l’ajustement demandé par l’Union européenne arrive après coup. En clair, Google a pu déployer son propre service avant d’ouvrir le même terrain technique à la concurrence.

Google conteste la logique de Bruxelles. Selon la réaction relayée par la Commission, le groupe estime que ces obligations risquent de fragiliser des protections importantes en matière de confidentialité et de sécurité pour des millions d’Européens. Google dit vouloir défendre une approche qu’il juge plus équilibrée entre concurrence, vie privée et sécurité.

Le dossier peut encore évoluer, notamment si Google choisit la voie juridique. Le calendrier fixé par Bruxelles pourrait donc ne pas être la dernière étape de l’affaire.

Icône Gemini sur fond bleu

Pourquoi Apple est concernée, même sans être visée ici

Cette procédure éclaire aussi la position d’Apple sur l’IA en Europe. Apple a expliqué que les exigences d’interopérabilité du DMA empêcheraient le lancement de Siri AI dans l’Union européenne en même temps qu’iOS 27. L’entreprise a notamment soutenu qu’elle proposait un mécanisme de type « Trusted System Agent » pour donner à des assistants tiers un accès comparable, tout en préservant la confidentialité et la sécurité.

La Commission européenne ne partage pas cette lecture. Selon elle, Apple n’a pas présenté de solution d’interopérabilité répondant aux exigences européennes sur la vie privée et la sécurité, et demandait en pratique une exemption générale aux règles du DMA, exemption qui n’a pas été accordée.

Autrement dit, Bruxelles applique ici la même logique : si une grande plateforme réserve à son propre assistant IA des accès avancés au système, elle doit aussi créer des conditions équivalentes pour les concurrents.

Ce que ça change

Pour les utilisateurs européens, l’enjeu est simple : avoir plus de choix entre assistants IA, y compris au niveau des fonctions profondes du téléphone, et pas seulement via une app classique. Si Google s’exécute, Android pourrait devenir plus ouvert aux IA tierces dans l’usage quotidien.

Pour Apple, cette décision montre surtout que la Commission ne veut pas d’exception de principe sur ce sujet. Le vrai point à surveiller maintenant, c’est la manière dont Google — puis potentiellement Apple — concilieront cette ouverture imposée avec les promesses de sécurité et de confidentialité.

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Source : European Commission — press release / DMA interoperability proceedings for Alphabet AI services

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