Apple fait l’objet d’une nouvelle action en justice autour de Hide My Email, sa fonction conçue pour masquer l’adresse e-mail réelle d’un utilisateur. Dans une plainte déposée le 15 juillet 2026 devant l’U.S. District Court for the Northern District of California, Anthony Alvarez reproche à Apple d’avoir présenté cette brique de confidentialité d’une manière trompeuse, avec des accusations qui incluent notamment publicité mensongère, fraude et rupture de contrat.

D’après la plainte Alvarez v. Apple, le cœur du dossier est simple : Apple aurait commercialisé une protection de la vie privée qu’elle n’était pas capable d’assurer dans les faits. La procédure vise autant la version complète de Hide My Email incluse avec iCloud+ que les adresses relais plus limitées générées via Sign in with Apple.

Une faille signalée en 2025, toujours au centre du dossier

Selon la plainte, le chercheur en sécurité Tyler Murphy a signalé la vulnérabilité à Apple en juin 2025. Le problème est ensuite devenu public le 1er juillet 2026, après plus d’un an sans correction complète. Apple avait indiqué en mars 2026 qu’un changement côté système réglait le souci, mais les tests menés par Murphy concluaient que la faille persistait encore.

La plainte ajoute qu’Apple a ensuite indiqué qu’un correctif devait arriver dans une future mise à jour de sécurité. Le 29 juin, 404 Media a de son côté confirmé indépendamment qu’il était possible de relier une adresse relais Hide My Email à l’adresse e-mail réelle associée. Les détails techniques n’ont pas été publiés, justement parce que la faille pouvait toujours être exploitée.

Une class action large, mais sans préjudice direct allégué

Anthony Alvarez ne dit pas que sa propre adresse e-mail a été révélée, ni qu’il a subi une attaque ou un afflux de messages non désirés. Son argument est surtout économique. D’après la plainte, il affirme avoir acheté un iPhone et souscrit à iCloud+ 200 Go autour du 15 mars 2025, et qu’il n’aurait pas payé le même prix s’il avait connu les limites réelles de Hide My Email.

Il cherche à faire certifier quatre classes de consommateurs, dont deux sous-classes californiennes. La demande porte à la fois sur des dommages-intérêts et sur une injonction qui contraindrait Apple soit à corriger la fonction, soit à exposer plus clairement ses limites. À ce stade, aucune classe n’a encore été certifiée et les accusations n’ont pas été tranchées sur le fond.

Ce que ça change

Pour Apple, le sujet est sensible car la confidentialité reste un argument marketing central. Si une fonction censée masquer l’identité numérique présente une limite importante non corrigée, cela peut fragiliser ce discours bien au-delà du seul risque judiciaire.

Pour les utilisateurs, le point concret à surveiller est moins la procédure elle-même que l’arrivée du correctif de sécurité évoqué par Apple. Tant qu’il n’est pas clairement déployé, la promesse de Hide My Email reste sous pression, surtout pour ceux qui s’appuient dessus pour séparer leur vraie adresse de leurs inscriptions en ligne.

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Source : Alvarez v. Apple (U.S. District Court for the Northern District of California) — complaint filed July 15, 2026

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