Employés en combinaison dans une usine de semi-conducteurs

Apple aurait échappé à une forte hausse de ses coûts industriels lors de discussions menées à Washington. D’après le Wall Street Journal, Tim Cook s’est rendu dans la capitale américaine l’été dernier pour tenter de bloquer des droits de douane de 100 % sur les importations de semi-conducteurs, une mesure qui aurait touché de plein fouet la fabrication des iPhone, iPad et Mac.

Le quotidien explique qu’Apple a finalement obtenu une exemption. Mais cette issue se serait accompagnée de contreparties importantes, avec un engagement d’investissements supplémentaires de plusieurs centaines de milliards de dollars sur le sol américain.

Washington aurait aussi poussé Apple vers Intel

Selon le Wall Street Journal, Donald Trump et le secrétaire au Commerce Howard Lutnick auraient profité de ces échanges pour encourager Apple à confier une partie de sa production de puces aux usines d’Intel. L’objectif affiché aurait été de relocaliser davantage la conception et la fabrication de composants stratégiques aux États-Unis.

Près d’un an plus tard, Donald Trump a lui-même revendiqué publiquement ce rapprochement sur Truth Social, en affirmant qu’Apple allait commencer à utiliser des composants fabriqués par Intel dans certains produits. Il a présenté cette orientation comme un moyen de produire « ici même, en Amérique ».

Le Wall Street Journal ajoute, en citant une source proche des négociations, qu’Apple prévoirait de faire produire par Intel des puces destinées aux Mac portables comme aux iPhone. Le lien entre la menace tarifaire et ce possible partenariat n’avait pas été rendu public jusque-là.

Intel cherche toujours un grand client pour sa fonderie

Ce soutien politique intervient alors qu’Intel tente de relancer son activité de fonderie. Le groupe a confié sa direction à Lip-Bu Tan en mars 2025 avec une stratégie centrée sur la réduction des coûts, la remise à niveau de ses produits et la conquête de gros clients, rapporte le Wall Street Journal. Le journal précise aussi que l’action Intel a été multipliée par plus de quatre depuis son arrivée.

Sur le terrain industriel, le redressement reste encore à prouver. Jacob Feldgoise, chercheur au Center for Security and Emerging Technology de l’université de Georgetown, estime qu’Intel gagne en crédibilité à mesure que l’entreprise dévoile de nouveaux procédés de fabrication et obtient des engagements de clients.

Ce que ça change

Pour Apple, l’enjeu est double : éviter un choc tarifaire immédiat et, potentiellement, réduire sa dépendance à un seul grand fondeur. Si Intel parvient à tenir ses promesses industrielles, Cupertino pourrait gagner une marge de manœuvre utile sur les volumes, les coûts et le calendrier de ses futures puces.

Pour les utilisateurs, il n’y a pas d’effet concret à court terme sur les produits. Le vrai point de vigilance est ailleurs : la capacité d’Intel à atteindre un niveau d’exécution comparable aux meilleurs acteurs du secteur.

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Source : Wall Street Journal — article « The White House, Intel, Trump, Apple »

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